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Saint-Piat

Historique

Coëtquen se fait par les quais de la Rance à port Josselin et à la Pétrolle ou Chantoiseau, vers Dinan et St Malo. L’ancienne route ducale (grand chemin) ne traversait pas le village comme maintenant, mais tournait à gauche au niveau de St Jean vers la Rance à Chantoiseau, puis remontait vers la Croix du Frêne en passant sous la Bégassière. Le Château du seigneur du lieu était au milieu du village, à l’emplacement des Terres. La chapelle du village se trouvait au Sud. Le chapelain du village était aussi celui du château et de ses seigneurs. Ces seigneurs de La Massue possédaient divers droits féodaux : droits de basse et de haute justice, droit de Quintaine, droit de foire, saut du poissonnier et droit d’enfeu dans la chapelle de Ste Agathe au couvent des Cordeliers de Dinan. Mais ils avaient aussi des devoirs et en premier, assistance et protection à leurs vasseaux, aux gens et aux biens de leurs Domaines.

XIVème siècle

Comment St Piat passa-t-il la terrible période de la « Guerre de succession de Bretagne » (1341-1364) ? Sans doute guère mieux que les paroisses alentour. Dans cette guerre, deux ducs voulaient monter sur le trône de Bretagne. A l’approche des soldats et des mercenaires Normands, Brabançons, Anglais, Gascons ou Français, ils couraient se mettre à l’abri, avec leurs biens, dans l’enceinte du « Chastel » et regardaient brûler leurs maisons et leurs récoltes. Après la mort de Charles de Blois, à la bataille d’Auray (29-09-1364), le nouveau duc Jean IV se mit en devoir de faire régner la paix et de relever les ruines de son Duché. Dans le pays de Rance, on fait de même. La ville de Dinan, qui n’a que peu subi les malheurs de la guerre, grâce à ses formidables remparts, aide à faire revivre ses campagnes car nos bons bourgeois dinannais possèdent tous des propriétés dans les paroisses de Lanvallay, Tressaint, St Solen, Léhon, Taden, Pleudihen dont St Piat. La paix revenue, la Bretagne s’enrichit de nouveau.

Ce XVème siècle sera le siècle d’or de la Bretagne. Les moulins des étangs de Chantoiseau se remettent à moudre le grain ou à fouler les toiles. Plus tard, la guerre reviendra. Après la bataille de St Aubin du Cormier (28-07-1488), la Bretagne est occupée par les armées du roi de France, Charles VIII. La Bretagne ne deviendra vraiment Française qu’après la signature de l’Acte d’Union entre les Etats de Bretagne et le roi de France François 1er en 1532. A St Piat, le 20 octobre 1692, l’abbé Prioul, recteur de Saint Solen fonde une messe basse perpétuelle tous les dimanches dans la chapelle. Les XVIème et XVIIème siècles sont des temps heureux pour St Piat. Les heurs, bonheurs et malheurs sont ceux du temps. Certains habitants sont commerçants, artisans, la plus grande partie sont paysans ; d’autres s’embarquent à St Servan ou St Malo pour aller pêcher sur les bancs des terres-neuves, au large du Canada. Ces paysans-pêcheurs s’engagent auprès des Capitaines de navires à la foire aux « PELTAS » qui se tient au Vieux Bourg de Miniac Morvan.

XVIIIème siècle

Leur seigneur, Gabriel de la Massue vend le 19 octobre 1701 sa seigneurie de St Piat au sieur Jacques de Béringhen, ainsi que tous les droits qui y sont attachés. L’un des plus curieux fut celui de devenir propriétaire du cheval du roi. Lorsque le roi venait par le grand chemin de St Piat pour se rendre à Dinan, le seigneur du lieu devait tenir la bride du cheval et accompagner ainsi le roi jusqu’à son logement en ville. A la suite de quoi, il devenait propriétaire de ce cheval.

Jacques de Beringhen revendra, peu de temps après, la seigneurie de St Piat à Emmanuel de Durfort, duc de Duras (1715-1789), commandant militaire de Bretagne pour le roi. Ce grand seigneur était entre autre propriétaire des fiefs de Coëtquen et de Combourg, maréchal de France, membre de l’Académie Française sans n’avoir jamais rien écrit. Un si puissant personnage ne venait que très rarement à St Piat. Ses affaires étaient alors traitées par Jean Jules COUPARD, avocat à Dinan et sénéchal de la Sous juridiction de St Piat, ainsi que de celle de la Madeleine du Pont en Lanvallay. Cet honorable fonctionnaire franc-maçon sera élu député aux Etats Généraux de 1789. Conventionnel, il mourra à Paris en 1805 dans la peau d’un fonctionnaire au Tribunal sous l’Empire. Le Duc de Duras fut le dernier seigneur féodal de St Piat, car il mourut en 1789.

Vint la grande REVOLUTION, que les populations rurales accueillirent avec espoir, pensant qu’elle serait l’aube d’une ère nouvelle. Malheureusement, ils déchantèrent. La disparition des évêchés et leur remplacement par les départements avec de nouveaux découpages administratifs, la Constitution Civile du Clergé, les réquisitions de blé, la Conscription provoquèrent du mécontentement et des mouvements de révoltes. Les soldats bleus firent la chasse aux chouans, les chouans chassèrent les bleus comme en 1793. Le 2 avril 1793, Mathurin Desvaux, Commandant de la Garde Nationale de Pleudihen vint arrêter à Gileau (hameau proche de St Piat) les nommés Félicissime Belhote et Jean Cocheril, soupçonnés d’être l’un chouan, l’autre prêtre insermenté. Suspects ils furent enfermés au Château de Dinan. De nouveau, le 7 floréal an II (26 avril 1794), une perquisition est menée chez l’aubergiste Loisel de St Piat où ont été tenus des propos séditieux contre la République et contre la Cocarde tricolore. Malgré les bleus, les chouans, les représentants en mission, les sans-culottes, les assignats, les perquisitions, les arrestations de « ci-devant », la Révolution passa sans trop de mal sur les têtes des « Saint-Piatais ».

XVIIIème siècle

Après le Concordat (1802) Napoléon I nommera son oncle Caffarelli à la tête de l’évêché de Saint Brieuc et Tréguier, dont l’espace recouvre celui du département. A la suite du préfet des Côtes de Nord, Mgr de Caffarelli décide en 1812 le retrait de section de Saint Piat de l’étendue de la Commune et paroisse de Pleudihen et son rattachement à celle de Lanvallay, soit une superficie de 170 arpents (68 hectares). En 1834, le Conseil de fabrique de la paroisse de Lanvallay autorise la vente de la Chapelle de Saint Piat, alors abandonnée, cette chapelle sera détruite en 1864. Actuellement le village de St Piat a augmenté de population grâce à la Construction d’un lotissement au Sud, mais il a perdu tous ses commerçants artisans. Pourtant dans les années cinquante et je me rappelle qu’il en existait quelques uns : Le Forgeron, le Charron et le café-épicerie-tabac-journaux. Peut-on espérer qu’un jour, un commerce réouvre à Saint Piat ? Peut-être, mais les bourgs de Lanvallay, de St Hélen, de la Vicomté sont bien proches, grâce aux automobiles.

1. RANCE : rivière côtière du Nord Bretagne qui prend sa source dans les Monts du Mené. Son cours est long de 105 Km, dont 30 Km d’estuaire. Ce petit fleuve arrose 44 communes, faisait tourner une centaine de moulins et était franchi par 96 ponts.
2. PONTORSON : Ville normande située sur le Couesnon, rivière côtière qui forme frontière entre la Normandie et la Bretagne.
3. CORSEUL : Commune rurale des Côtes du Nord, située au Nord Ouest de Dinan, qui fut durant trois siècles la capitale des Coriosolites. Ces coriosolites étant l’un des peuples Gaulois, puis Gallo-Romains d’Armorique.
4. CONDATE : Ville Gauloise, puis Gallo-Romaine d’Armorique qui devint Civitas Rhedones et actuellement Rennes, capitale de la Bretagne.
5. LES MARCHES DE BRETAGNE : Etat tampon situé entre l’Empire Carolingien et la Bretagne. L’un de ses commandements fut célèbre Rolland, de Ronceveau.
6. DOL : Ville frontière de Bretagne, face à Pontorson. Cette ville fut un archevêché jusqu’au VIIème siècle, puis un évêché jusqu’à la Révolution.
7. SARRASIN : Le blé noir. Cette céréale sert à faire une farine dont on fait les crêpes bretonnes.
8. RECTEUR : Nom que l’on donne en Bretagne à l’administrateur principal d’une paroisse. Le Curé n’étant que le vicaire et le Sub-Curé est le sous-vicaire.

Yves CASTEL
Fête de quartier : La Petite Touche
Le quartier de la Petite Touche fait la fête !!!
Sous un soleil radieux, les habitants du quartier de la Petite Touche se sont réunis pour une journée de convivialité autour d’un repas champêtre.