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Depuis le 1er janvier 1973,
ces trois communes sont à nouveau associées, comme elles le
furent il y a mille cinq cents ans. En voici l’histoire.
Lorsqu’aux IVème - VIème siècles,
les Angles et les Saxons, venant des rives de la Baltique, déferlèrent
sur l’île de Bretagne, nos ancêtres, les Bretons, vinrent
se réfugier en Armorique.
Ils traversèrent la Manche (Morvreiz) sous la conduite de leurs
chefs-moines. Ils créèrent de grandes paroisses; tel : Plouer,
Pleslin, Plélan et Pleudihen sur le bord de la Rance.
Au cours des temps, cette paroisse de l’évêché
de Dol se subdivisa en cinq paroisses d’étendue moindre :
Lanvallay, Saint Helen, Saint Solen, Tressaint et Pleudihen, cinq paroisses
aux noms bretons.
> Lanvallay - Ermitage placé sous la protection
de Balach ou Balao
> Saint Solen placé sous la protection d’un obscur ermite
de la forêt sacrée (Coetquen)
> Tressaint placé sous la protection de Tresan, l’un des
sept frères venus de Galles.
Au IXème siècle,
des hommes du Nord, les Vikings dévastent les bords de la Rance.
Ils volent, violent, pillent, incendient. Les populations affolées
fuient vers l’intérieur de la Gaule emportant leurs biens
et leurs reliques. Ils ne revinrent que deux siècles plus tard.
Au XIème siècle,
les fils ou les neveux de Wicohen, comte évêque de Dol, mirent
en place une nouvelle organisation du territoire. De domaines religieux,
on passe aux domaines féodaux dirigés par les vicomtes de
Dinan et leurs vassaux surveillant le pays du haut de leurs tours de bois
perchées sur leurs mottes féodales.
Leurs vieux saints fondateurs n’ayant pas protégé
leurs Ouailles de la ’’Fureur des Normands’’,
ceux-ci se placèrent sous la protection de nouveaux Saints : St
Méen à Lanvallay, Solain évêque de Chartres
à St Solen. St Jacques et St Philippe à Tressaint. Pour
gagner leur Paradis, ces féodaux donnent ces paroisses aux bénédictins
de l’abbaye de St Florent les Saumur.
Deux gros prieurés bénédictins s’organisent
sur les bords de Rance : La Magdeleine du pont, rive droite, en Lanvallay
et St Magloire, rive gauche, en Léhon . Ils contrôlent, chacun,
un passage de la rivière et assurent les services religieux, éducatifs,
hospitaliers et sociaux de ces paroisses : Lanvallay-Tressaint et Léhon-St
Solen. L’If pousse toujours au sud-ouest de l’enclos paroissial
de St Solain.
En 1124, Alain I et son frère
Guillaume I de Lanvallay partent à la croisade en Palestine.
En 1215, Guillaume de Lanvallay, troisième
du nom, est nommé sénéchal de Rennes par le Duc de
Bretagne, Pierre Mauclerc (1213-1237).
De retour de la croisade contre les Albigeois en pays de Toulouse, son
frère Alain II de Lanvallay, fonde en 1224
le couvent des Dominicains ou Jacobins en ses terres de Dinan.
Ces seigneurs de Lanvallay en leur château de la Croix-Rolland,
pour les aînés et de la Grand’Cour en Tressaint pour
les cadets, vivent des revenus de leurs terres et des taxes prélevées
sur les marchandises arrivant ou partant de leurs ports de la Magdeleine
ou du Livet-Anne.(actuelle écluse dit ’’ de Léhon
’’ en Lanvallay)
Durant la guerre de succession de Bretagne
(1341-1365) les Lanvallay, comme la ville de Dinan, soutiennent
le duc Charles de Blois contre son compétiteur Jean de Montfort
et ses alliés anglais, ce qui provoque ravages et ruines.
La paix revenue, l’agriculture et le commerce reprennent leur essor.
Au XVème siècle, le pont
de la Magdeleine enjambe la Rance de ses quatre arches.
Charles de Lanvallay, haut et puissant seigneur, conseiller des ducs Jean
V (1399-1442) et François I (1442-1450)
est inhumé en sa chapelle de la Grand’Cour en l’an
1450. (Sa pierre tombale existe toujours en l’église de Tressaint).
Son fils Raoul est gouverneur de Dinan pour le même duc Jean V,
puis plus tard du château de Landal pour le duc François
II (1458-1488). Il commande alors 50 chevaliers
bonnerets, soit environ 300 hommes d’armes.
Pendant les guerres de la Ligue (1590-1598)
Dinannais et Malouins tiennent chacun pour un parti : Les Dinannais pour
Mercoeur, les Malouins pour Henri IV après s’être déclarés
durant deux à trois ans ’’République de la Mer’’.
Chacun pillent les campagnes alentours, Lanvallay, St Solen et Tressaint
eurent à en souffrir.
Au siècle suivant (XVII) on reconstruit
; des maisons au bourg de la Madeleine ou des manoirs en campagne: Beauvais,
le Bois Collin, le Pavillon, la Ville-es-Ollivier, les Champs-Hingant,
pour les plus marquants.
En ces temps la famille de Lanvallay disparaît, fondue dans le puissant
lignage des Coëtquen, dont la sénéchaussée de
Chateauneuf de Lanoé contrôle, entre autre, nos trois paroisses.
Le XVIIIème est le
’’siècle d’or’’ de la Bretagne, grâce
au commerce international.
Le port de St Malo est très actif. L’arrière Pays
de Rance s’enrichit. On construit de nouveau : Maisons et Manoirs
grandement ouverts sur parcs et jardins. Des nobles deviennent Armateurs-Marchands,
des marchands s’agrègent à la noblesse. Les Houitte
et les Le Forestier sont au Bois-Fougeray, les Harrouard à la Ville-es-Ollivier,
les de Lescu au Colombier, les de Miniac et de La Hautonnière à
la Grand’Cour, les de Serizay à Grillemont, les Néel
de La Vigne au Gué Parfond, les Ménard et de Serville à
Landeboulou, les de La Belinaye à Tressaint, les Ferron à
la Vairie et les Bénédictins du prieuré Royal St
Magloire de Léhon en leurs ferme et chapelle de St Nicolas des
Champs.
Sur toutes ces richesses et ce bien-être, la Grande Révolution
va déferler. Pourtant elle débute par de nouvelles libertés.
L'élection des conseils municipaux "abolition des privilèges".
En 1790, ils remplacèrent les conseils
paroissiaux (fabriques) dirigés par les recteurs; furent élus
maires : à Lanvallay - Julien Delepine ancien recteur; à
St Solen, Colin; à Tressaint - Louis Ambroise ancien prieur - recteur.
Tout change...mais tout continue.
Les biens des nobles et du clergé sont vendus au profit des bourgeois,
dépecés, saccagés. Les pauvres sont toujours aussi
pauvres, mais plus nombreux.
En 1793 les Chouans sont en forêt
de Coëtquen. On a tout à craindre du bleu ou du blanc, en
plus des brigands.
La vieille église de Tressaint (XIII - XVII) saccagée par
le citoyen Dereuse, chef de l’atelier de Salpêtre est restaurée
(1796-1800) sur les ordres de Jean Rouxel,
maire de la commune. Napoléon et l’Empire remettent de l’ordre.
Le commerce reprend, les fils partent à la guerre. Le Blocus continental
(1806), la guerre contre l’anglais
désorganise ce commerce. Le Pays se renferme sur lui-même.
Par décret impérial (1811),
St Piat est séparé de Pleudihen et rattaché à
Lanvallay.
L’empereur est vaincu, l’Empire s’écroule, les
Prussiens campent dans le parc de la Vairie (14
au 28 septembre 1815). |
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